Assemblées générales, plus de 21 000 signatures sur une - TopicsExpress



          

Assemblées générales, plus de 21 000 signatures sur une pétition, actions spectaculaires, suppression des devoirs surveillés ou rétention des notes… Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sont en ébullition depuis que Vincent Peillon veut leur reprendre des moyens pour les distribuer aux zones déducation prioritaires (ZEP). Le ministre de léducation nationale entend modifier le temps de travail et la rémunération de ces enseignants à qui on confie lélite du pays. Les décisions seront prises la semaine prochaine. En réponse, fait exceptionnel, un préavis de grève a été déposé pour le 9 décembre. Si Sophie Malick-Prunier fait grève, ce sera la première fois de sa carrière. A 37 ans, lagrégée de lettres classiques, qui enseigne en « prépa » dans le prestigieux lycée parisien Henri-IV, se sent blessée. « Mon métier est une passion. Mais je ressens comme une agression quon veuille nous reprendre une part de notre statut », martèle-t-elle entre la correction de deux copies. Face à ses 42 000 euros annuels de revenu, elle aligne ses heures de travail. « Tous les jours du matin au soir, sauf le dimanche. Je marrête en août, mais je passe une bonne partie de mes vacances au travail. » Mercredi, elle mettait la dernière main à un cours sur la métaphore chez Proust (six heures de travail pour une heure de présentation), avant dentamer la correction de dissertations. A raison dune demi-heure par élève, le travail est titanesque. « Jai 180 étudiants pour un service de 9 heures hebdomadaires. Je fais peu de colles par manque de temps. Alors jen confie à un collègue du secondaire qui complète ainsi son salaire. » La colle fait partie du monde des CPGE ; cest là que lélève sentraîne à loral des concours aux grandes écoles. Sophie Malick est agrégée, échelon 8. Un cas particulier ? Comme les quelque 6 000 enseignants qui exercent dans les classes prépas littéraires, économiques ou scientifiques. Il ny a pas deux situations qui se ressemblent, même si le distinguo entre sciences et lettres est bien réel. Le fait que les programmes ne changent pas chaque année en sciences et maths, alors quils sont renouvelés chaque année en lettres, sciences humaines et économie permet aux scientifiques de prendre plus dheures supplémentaires et de colles. « Lan dernier, jétais remplaçant à Paris. Jai repris au pied levé des postes de collègues qui assuraient cinq heures supplémentaires, dautres qui faisaient plusieurs heures de colle par jour », raconte un professeur de mathématiques. « En sciences, on prend trois élèves ensemble pour une colle », ajoute-t-il. On perçoit pourquoi la vie nest pas la même pour tous les professeurs de prépa. « Entre les jeunes et les fins de carrière, il y a dénormes écarts de salaire ; entre les enseignants en sciences et dans les disciplines littéraires aussi », confirme François Portzer, le secrétaire général du Snalc, syndicat qui, avec le SNES-FSU, se partage les quelques syndiqués des CPGE. « DÉMAGOGIE LAMENTABLE » Si les agrégés du secondaire doivent passer chaque semaine quinze heures devant les élèves, en CPGE, un service varie entre huit et onze heures en fonction du nombre délèves et de laffectation en 1re ou 2e année. Heures supplémentaires et colles sont imposées certes, mais payées en plus. Cest ce qui conduit à un net mensuel moyen de 4 800 euros, dont 900 proviennent des heures supplémentaires (88 % en effectuent). Les 2 000 professeurs de chaires supérieures – le plus haut grade – gagnent, eux, 5 700 euros nets mensuels en moyenne, mais ce salaire peut grimper en fin de carrière jusquà 9 800 euros mensuels (dont 4 000 euros dheures supplémentaires). Ils ne sont que quelques-uns à atteindre ces sommes, mais en travaillant à partir des traitements versés en 2011, la Cour des comptes a bien trouvé un enseignant de Versailles ayant gagné 107 000 euros nets annuels. Vincent Peillon veut lisser ces différences qui laissent le certifié loin derrière avec ses 3 500 euros moyens en fin de carrière. Il prévoit que tous les enseignants de CPGE passent à dix heures de cours ; ce qui en amènerait 5 000 dentre eux à travailler plus sans contrepartie, ou à gagner moins. La baisse serait de 10 % à 20 %, selon les syndicats. « En moyenne 4 000 euros par an pour les scientifiques. La fourchette va de 1 000 à 10 000 euros », soutient Sylvie Bonnet, présidente de lUnion des professeurs de spéciales (UPS). « Personnellement, je perdrais entre 600 et 700 euros mensuels », renchérit Sébastien Cote, vice-président de lAPPLS, lassociation des professeurs de lettres supérieures. Lidée du ministre est de rendre plus « transparentes et justifiées » ces décharges qui bénéficient aussi à certains enseignants de 1re, terminale et BTS. Il a surtout besoin de récupérer ces moyens denseignement pour les donner aux enseignants déducation prioritaire, dont il souhaite reconnaître la « pénibilité » du travail. Sophie Malick-Prunier ne conteste pas les difficultés en ZEP. « Jy ai commencé ma carrière et considère quy enseigner est très dur. Mais pourquoi vouloir opposer les enseignants ? On ne doit pas tomber dans cette démagogie lamentable qui consiste à nous présenter comme des privilégiés qui ne méritent pas leur salaire. » « Cest un message de mépris quon nous envoie, celui qui consiste à dire quon est des privilégiés. Notre salaire, on ne le vole pas ! », ajoute Philippe Heudron, président de lAssociation des professeurs de prépas économiques et commerciales (APHEC). Sébastien Cote estime, lui, que « le système des classes prépas est utile, il fonctionne bien. Il ne me semble pas que nous ayons démérité. »
Posted on: Mon, 02 Dec 2013 12:52:41 +0000

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